Notre tour du Mont Blanc

N’hésitez pas à cliquer sur les photos pour les voir en taille réelle!

Il y a 6 mois de ça, nous avons décidé que cet été, nous ferions le tour du Mont -Blanc. Le « TMB », une randonnée mythique : 3 pays traversés, 170 km parcourus, 10 000 m de dénivelé positif pour 10 jours de marche. On nous promettait aussi des panoramas somptueux sur des glaciers, des vallées et sur le Mont-Blanc lui-même. Voilà qui avait de quoi nous motiver !

L’idée était d’être le plus autonome possible, c’est-à-dire, dormir sous tente et avoir notre nourriture et notre réchaud. Cela impliquait quelques préparatifs : tout d’abord, il a fallu calculer le nombre de calories dont nous aurions besoin quotidiennement, ensuite il a fallu élaborer des repas ayant le meilleur rapport poids/calories afin de ne pas trop charger nos sacs. On s’est retrouvés avec un petit réchaud ainsi qu’une dizaine de petits sacs repas contenant des nouilles, de la semoule ou encore des protéines de soja texturées, le tout accompagné de bouillons et de soupes instantanées pour varier les goûts. Pour la tente on a pris léger, 2,9 kilogrammes et tout juste deux places. Tout ce petit matériel s’est retrouvé dans nos sacs de 70L et 60L, avec quelques vêtements et de quoi prendre de belles photos.

Début juin approcha… alors que nous nous préparions à enfiler nos chaussures de marche, une grosse semaine d’orage débuta. L’idée de marcher sous la pluie et dans les nuages ne nous enchantant guère, nous avons décidé de reporter notre expédition… à fin août ! L’itinéraire du TMB est plus emprunté à cette période de l’année, mais en contrepartie on espérait une semaine de grand soleil !

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Le 20 août des amis nous déposent à Notre-Dame-De-La-Gorge (1210 m) près des Contamines-Montjoie en milieu d’après midi. Le ciel est d’un bleu immaculé, ça grimpe dur et on a chaud, mais enfin ! On est partis ! Premier ressenti, les sacs sont lourds (18 et 12,3 kg), on aurait pu voir plus léger, mais pas sûrs de voir comment…

Le début de notre TMB se fait sous le couvert des arbres dans une forêt de mélèzes et d’épicéas. Nous empruntons la vieille voie romaine, un sentier raide recouvert de pierres lisses. Petit à petit, la forêt laisse place aux landes et tourbières, peuplées de genévrier, airelles, rhododendrons et nous avons aussi le plaisir de rencontrer quelques marmottes. Dès le départ, nous décidons de faire tous les crochets proposés pour ne rien rater des paysages à notre portée. Le détour vers les splendides lacs Jovets (2175 m) ne nous déçoit pas et nous passons notre première nuit non loin du col du bonhomme (2329 m), frontière entre Savoie et Haute-Savoie.

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Dans les jours qui suivirent, nous avons emprunté de nombreux cols (environ un par jour), il est toujours fascinant de passer d’une vallée à l’autre, d’un panorama à un autre, d’un pays à un autre, sur ces passages chargés d’histoire, empruntés depuis la nuit des temps par les hommes. Col du bonhomme, Col des Fours, Col de Seigne, Col Ferret, fenêtre d’Arpette, Col de Balme, Col du tricot… Ces endroits resteront longtemps gravés dans notre mémoire.

Le tour du Mont Blanc c’est aussi bouquetins, marmottes et oiseaux dans leur habitat naturel. Quel bonheur d’observer ces animaux, libres, sauvages! Nous avons même eu la visite d’un renard une nuit. Attiré par une banane dans l’un de nos sacs, il a tenté en vain de l’ouvrir avec ses croc, y laissant inévitablement une déchirure.

Les nuits étaient ponctuées d’autres évènements impressionnants : Craquements de glaciers, grondements d’avalanches et éboulements vinrent nous rappeler à quel point la montagne est vivante. Le tour du Mont Blanc à cela de magique qu’il permet de voir un grand nombre de glaciers, voire même de les surplomber, comme par exemple au sommet de la fenêtre d’Arpette où nous avons admiré une vue magnifique sur le glacier du Trient. Ces monstres de glaces ne sont malheureusement plus que l’ombre de ce qu’ils furent, le réchauffement climatique les ayant fait reculer drastiquement.

La variété des paysages était étourdissante. Nous passions au cours d’une même journée de la haute montagne pelée à la forêt subalpine parcourue de cascades et de torrents.En haut de chaque côte nous attendait un paysage différent et toujours magnifique. Les refuges et quelques villes (Courmayeur, Chamonix) étaient les rares havres de civilisation montagnarde au cœur de cette nature si riche.

Les journées étaient longues, 6 à 8h de marche par jour, mais aussi raide soient les montées et aussi rudes soient les descentes, c’est un véritable sentiment de joie qui nous prenait chaque soir devant le chemin parcouru. Marcher devient vite une drogue et il n’était pas rare de pouvoir ramasser des framboises sauvages en chemin pour nous redonner de l’énergie.

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Notre dernière nuit se déroula au pied du glacier de Bionassay. Les deux arceaux de la tente ont cédé ce soir-là, comme pour nous rappeler que nous touchions à la fin de notre aventure. On a dû la tendre avec nos bâtons de marches. Le lendemain, nous avons franchi notre dernier col, celui du Tricot (2120 m), offrant une vue sur le glacier de Miage, et derrière la réserve des Contamines. Les massifs et les sommets que nous avions quitté 9 jours plus tôt étaient là, fidèles au rendez-vous. On était heureux, comme si on retrouvait de vieilles connaissances. Les sommets ont cela de bon qu’ils restent où ils sont, il est facile de s’attacher à eux, ce sont des repères, des points de vue et des initiateurs de rêves. Le Mont-Blanc a été, durant ce tour, le plus fidèle, presque toujours visible. Chaque pays a son versant mais le sommet rassemble et nourri l’imagination de tous. Faire le tour du Mont-Blanc, c’est faire plus qu’une grande randonnée. C’estmarcher sous le regard constant du « Grand Patron » et être écrasé par l’immensité du massif. C’est être rempli de gratitude envers la montagne qui nous autorise à gravir son flanc. C’est chaque matin observer le soleil illuminer les sommets et chaque soir voir les derniers rayons rougeoyant les quitter. C’est chaque nuit se laisser bercer par les craquements de séracs pour dès le lendemain découvrir que la montagne est toujours là, offrant une nouvelle lumière, un nouveau point de vue…

Le Tour du Mont-Blanc est d’une beauté incomparable.

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Découverte et redécouverte de la Bretagne, vidéo et photos

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DSCF2546Cap Fréhel

Voilà une région de France dans laquelle nous mettons souvent les pieds… Mais avons-nous vraiment pris le temps de la découvrir? L’envie -et le temps- de l’explorer nous a gagné, nous avons pris la route sous le soleil, armés de notre fidèle atlas de France et de notre tente.
Notre voyage a commencé… En Normandie! Mais nous ne sommes pas tatillons, alors notre visite du Mont Saint Michel entre en compte 🙂
Depuis ce haut lieu du tourisme, nous avons longé la côte vers l’Ouest et découvert une Bretagne de plus en plus belle et sauvage.

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Alignements de Lagatjar à Crozon

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Côte de granit de rose

Il y a eu les vagues de Saint Malo qui venaient lécher la digue et arroser les passants, les champs de bruyères du Cap Fréhel où le bleu de la mer, le vert des ajoncs et le violet des fleurs nous offraient un tableau des plus flamboyants, les étonnants blocs de la côte de granit rose, tout ronds, qui libèrent l’imagination, la presqu’île de Crozon et son inimitable ambiance de bout du monde, baignée dans un brouillard épais, mais aussi le Morbihan et ses îles, ses cimetières à bateaux, la côte sauvage de Quiberon, les fest noz et la vie, au rythme des marées…
Il reste encore beaucoup à découvrir, sous le soleil ou dans le brouillard, en Brocéliande ou sur Ouessant, la péninsule a encore des merveilles à dévoiler!

DSCF2438Ile d’Arz, Morbihan

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Le Bono, Morbihan

De la Savoie au Lot

4 mois de vacances qui se profilent, à quoi allons nous les occuper?
Sans pouvoir s’empêcher d’avoir un pincement au coeur en pensant que 4 mois, c’était presque assez pour parcourir un continent, on a décidé d’apprendre de nos expériences, 4 mois c’est peut-être bien pour découvrir un pays, pour prendre le temps, pour vivre l’endroit pour de vrai. A force d’aller chercher le bonheur à vol d’avion, on en aurait oublié de se pencher de plus près sur la carte de France. Tant de régions que nous ne connaissons pas, de villes qu’on ne sait placer, de départements traversés mais jamais visités. Alors c’est parti, après avoir passé le mois de mai entre Chambéry et Paris, on commence le mois de Juin par un road trip qui nous conduit de Chambéry à Pontcirq, où nous retrouvons la famille pour célébrer Soley.

Plutôt que de faire le trajet en 7 heures, nous préférons lui offrir 7 jours. Nous sommes passés par trois régions, nous avons traversé des forêts magnifiques dans la Drôme, rencontré des biches sur les plateaux du Vercors, cueillit des cerises en Ardèche, croisé des volcans en Auvergne et découvert le gouffre magique de Padirac dans le Lot. Une semaine de camping sauvage, randonnées, visites, découvertes et émerveillements, la France a de bien beaux paysages à nous offrir.

En image, un petit aperçu d’une semaine de découverte.

 

Lever le pouce

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Il y a un peu plus d’un an, Q et moi partions quelques jours de région parisienne pour rejoindre Amsterdam, nos deux petits sacs sur le dos et un ticket de RER en poche.

L’auto-stop n’est pas franchement le moyen de transport qui a le plus de succès, soyons honnête, un petit retour sur notre expérience pourrait faire tomber quelques barrières d’appréhension.
On a pris le RER quelques jours après Noël en direction de la Courneuve, on avait au préalable regardé sur hitchwiki où était le meilleur spot pour prendre la route vers le Nord. Depuis la station de RER, nous avons marché jusqu’à une cité construite sur les abords de l’autoroute. Un grand mur sépare cette cité de l’A1, hitchwiki nous indiquait qu’il y avait un endroit d’où l’on pouvait sauter pour passer par dessus le mur et rejoindre une station service de l’autre côté ou une porte de service qui était parfois ouverte pour les plus chanceux. Nous longeons le mur plusieurs fois afin de trouver la faille, la porte est fermée, nous voyons une portion du mur bien plus basse que le reste et décidons de passer par là. Nous passons le mur deux 2 m 50 et arrivons au milieu des bosquets et des ronces… Quelques mètres plus loin nous attend une barrière défoncée et enfin l’aire d’autoroute. Nous la rejoignons comme des fleurs. Sur notre papier, nous écrivons Lille, et commençons le sourire de ceux qui ont un peu froid, déjà un peu faim, et ne savent pas combien de temps ils vont attendre. Tous les conducteurs nous sourient, deux voitures nous demandent où nous allons mais ne peuvent pas nous avancer, une personne nous demande par curiosité mais leur voiture est pleine… De loin, un homme nous observe depuis sa voiture familiale. Après une quarantaine de minutes, sa famille nous fait de la place. Ils habitent à côté de Lille, c’est parfait. J’ai oublié leurs noms, leurs visages, mais je ne les ai pas oubliés. (Un coup d’œil à notre carnet de voyage m’indique qu’il s’agit de Vincent, Nathalie et Alice) Un couple et leur fille, 16 ans. C’est la première fois qu’ils prennent des autostoppeurs, ça tombe bien, c’est (en gros) la première fois qu’on lève le pouce. Une première dans les deux sens, donc. Ils nous ont trouvé l’air sympa, je leur ai fait penser à leur fille qui voyage en Amérique Latine et ils ont eu peur que l’on tombe sur une mauvaise personne, donc ils ont préféré nous prendre pour ‘être sûrs’. Nous discuterons tout du long, de leur grande fille, leurs échanges scolaires ici et là sur le globe, ils sont super sympas, très ouverts, un peu protecteurs. On arrive près de Lille vers 13 heures, on est invités à déjeuner chez eux. Ils ont un chat et un poisson magnifiques, des statues en bois qui viennent du monde entier, des livres partout… Leur maison est super accueillante, surtout qu’ils nous invitent à passer quand on veut, à dormir là si on ne trouve pas de voiture pour continuer notre chemin… Une famille tellement adorable! Après déjeuner, ils nous emmènent de l’autre côté de la frontière.
Nous voilà sur une aire d’autoroute belge, il doit être 15h mais le soleil décline déjà, il fait très froid. Il y a très peu de monde sur l’aire, et nous sommes un peu inquiets de rester coincés là. On n’a finalement pas vraiment le temps de tergiverser, un quart plus tard une nouvelle famille qui nous a longuement observés, décide de nous prendre. On a du leur faire pitié à cause de la température. Encore une fois un couple avec leur fils à peine moins âgé que nous, ils viennent des Pays Bas et rentrent de Normandie où ils ont passé leurs vacances. Ils sont d’accord pour nous déposer à Anvers, notre première destination, où un couchsurfer nous attend. Nous arriverons donc à notre première étape au moment voulu. Dans la voiture nous discutons voyages, ils nous donnent une petite liste de choses à voir à Rotterdam, car ils y habitent et que nous avons prévu d’y aller le lendemain. Ils nous déposent dans le centre d’Anvers et nous avons le temps de nous balader en ville avant de nous rendre là où nous allons dormir. Il fait très froid alors nous ne trainons pas mais les guirlande lumineuses et les nombreuses rues piétonnes nous charment, on trouve de nombreuses ressemblances avec Bruxelles.

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Jeffrey, notre couchsurfer, nous accueille avec ses deux chiens. C’est un grand appart avec une chambre pour nous, un luxe, de plus il nous a préparé un délicieux dîner dont nous rêvons encore… Ses talents de cuisiner sont impressionnants. Nous discutons une partie de la soirée puis nous retrouvons le lendemain matin pour aller visiter la ville avec lui, c’est toujours mieux d’avoir un guide !
La ville est adorable, accessible en une journée, Jeffrey connaît beaucoup de choses, nous raconte l’histoire des places que nous traversons, la légende du château… On est vraiment contents d’avoir fait une halte dans cette ville. On en profite pour manger quelques frittes belges, bien évidemment 😉


Le soir venu, Jeffrey nous conduit à un grand carrefour d’où l’on peut rejoindre l’autoroute pour aller toujours plus au nord, nous nous postons près d’un feu et attendons… L’obscurité nous empêche d’être visibles alors à chaque feu rouge nous remontons la file des voitures pour montrer notre pancarte aux automobilistes. Là encore nous n’avons pas attendu très longtemps, une demie heure au maximum. Une femme nous embarque, elle a rendez vous à Rotterdam pour un dîner-réunion pour son association qui vient en aide aux enfants vietnamiens. Elle même vient du Vietnam et se sent très investie dans cette cause, nous parlons vie associative et… voyages, bien sûr. Elle nous laisse dans l’hypercentre de Rotterdam et s’en va vers son rendez-vous tandis que nous découvrons les Pays bas. Une première pour tous les deux !
On se ballade dans la ville en quête d’un bon restaurant, l’architecture est assez incroyable, la modernité ne fait pas semblant. Il y a beaucoup de monde dans les rues et la plupart des restaurants sont pleins, on profite pleinement d’être livrés à nous mêmes, sans plan-carte ni plan-planning. Quelques heures plus tard nous rejoignons un deuxième lieu de couchsurfing disons, assez libre… Nous trouvons l’immeuble, la clé cachée, l’appartement, mais pas notre hôte. Il se trouve qu’il est en Afrique et reviendra la semaine prochaine ! Ok, pourquoi pas, nous sommes donc accueillis par les visiteurs du jour, certains sont là à long terme, pour plusieurs mois. Hans, le propriétaire de cet immense appartement sur deux étages, est assez « généreux » et n’hésite pas à ouvrir sa place aux étrangers, même lorsqu’il n’est pas là pour les rencontrer. L’appartement est un joyeux bazar, nous sommes une dizaine à dormir là cette nuit, les matelas se partagent comme il se peut, nous finissons dans la chambre de Hans à l’étage. (qu’il qualifiera dans sa review couchsurfing comme étant ‘the worst place’). En toute honnêteté, on n’avait jamais vu un bordel pareil, et pourtant c’était pas la première fois qu’on se retrouvait dans un squat de couchsurfer ! La nuit est très courte, nous visitons Rotterdam toute la journée, les musées, les decks, l’architecture hors du commun, cette ville est vraiment sympa mais peut-être un peu trop moderne pour nous.


Le soir venu, nous recommençons notre quête au conducteur et nous postons à un feu qui rejoint la route vers Amsterdam, remontant la file des voitures en demandant aux conducteurs de nous prendre. Deux françaises qui ont fait la route depuis Marseilles nous prennent, elles sont trop heureuses de pouvoir parler français, et apparemment un peu perdues dans leur périple. Problèmes de carte bancaire, retard sur la route, très mauvais anglais, elles pensaient arriver à Amsterdam la veille mais n’en pouvaient plus de conduire, s’étaient perdues et avaient passé la nuit à Rotterdam. Il nous faut à peine plus d’une heure pour arriver à Amsterdam, notre hôte préfère que nous soyons là pour 19heures, heure à laquelle le dîner est servi, donc nous ne trainons pas en ville et filons vers notre couchsurfing des prochains jours.
Nous arrivons chez George et sa fille Buta. La petite a 6 ans, elle parle parfaitement anglais, thaïlandais, néerlandais et un peu de plein de langues… Normal, son père accueille des couchsurfer pratiquement tous les jours ! Ce soir là nous sommes 7… George est adorable et nous garderons contact, c’est la première fois qu’un couchsurfer me demande spécifiquement d’être là pour partager le dîner et nous sommes finalement vraiment contents de rentrer pour 19 heures manger un repas chaud et discuter avec cet homme à l’histoire riche (Il a de nombreux récits à partager sur son expérience de l’Asie et connaît un nombre incroyable de groupes de musique, il offrira d’ailleurs un album à Quentin à la fin de notre séjour). Nous tombons sous le charme d’Amsterdam. Les petites rues, les musées, les canaux, les petites boutiques sur les quais, les marchés et bien sûr les vélos.

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Nous croisons par hasard deux indiens rencontrés dans le squatt de Rotterdam avec qui on avait sympathisé, c’est toujours marrant de croiser des têtes connues dans un pays où nous avons mis les pieds pour la première fois il y a deux jours. Chez George, nous rencontrons Nora avec qui nous décidons de visiter la ville les jours d’après. C’est une thailandaise qui voyage solo à travers l’Europe, elle a un peu le cafard et est contente de pouvoir trainer avec nous, nous nous entendons vraiment bien… Quelques jours après je l’accueille à Paris avant qu’elle ne rejoigne Prague où je lui recommande de dormir chez Ondrej, notre hôte coup de cœur quand on avait visité la capitale tchèque… C’est ça aussi la magie de couchsurfing ! Pour nouvel an, nous rejoignons une soirée couchsurfing dont les indiens nous ont parlé, toutes les nationalités se confondent, l’anglais va de bon train mais l’espagnol aussi, ça manque un peu à nos talents… Nous sortons sur une grande place voir les feux d’artifices, tout le monde a des pétards et des feux et ça fuse dans tous les sens… Même dans le sens de la foule, hum. L’ambiance est au rendez-vous, l’euphorie gagne la foule, on aurait presque chaud en cette dernière nuit de l’année. Nous nous éloignons de l’agitation, profitons des petites rues alentour et finissons la soirée dans un bar pour danser quelques heures.

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Ce voyage représente avant tout la liberté. Le fait de se laisser aller aux aléas du stop, d’accepter les imprévus, de visiter des villes sans avoir fait de recherches au préalable, de suivre nos rencontres éphémères guider notre organisation… C’est difficile psychologiquement (pour moi) de ne pas trop organiser, et le stop est un bon moyen de sortir de sa zone de confort et de s’obliger à être serein. Et si personne ne veut nous prendre ? Et on nous laisse au mauvais endroit ? Et si un malade s’arrête ? Et si on se perd ? En laissant notre aventure entre les mains du hasard, on doit être prêts à tout, surtout à apprécier chaque lieu, moment, rencontre, on doit aller au delà de nos habitudes, de nos repères. C’est un formidable moyen de prendre du recul, de faire le point, et de réaliser ce qui compte vraiment pour nous, au delà de tout matériel.

Thaïlande, vidéo

La petite dernière a pris son temps pour être publiée (avec la fin de notre séjour un peu mouvementée, on a totalement oublié qu’on ne l’avait pas faite!).
Voilà donc un retour sur notre séjour en Thaïlande, en autres sur le quotidien à la ferme Happy Healing Home. On vous laisse noter la simplicité, mais aussi la rigueur et la joie d’une vie en autonomie, au milieu de champs et montagnes thaïlandaises… 

La bise à tous!

Séjour dans une ferme en Thaïlande

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English below
Voilà enfin le dernier article de notre épopée, désolés du retard!

Nous quittons Chiang Mai dans l’idée de vivre dans une ferme de permaculture pour le reste de notre voyage. Dans le mini bus qui nous emmène vers notre destination, nous faisons la rencontre de notre futur équipier Adam, un canadien qui a passé quelques semaines à enseigner l’anglais à Chiang Mai avant de décider de changer de projet car il s’ennuyait. Il y a aussi d’autres volontaires qui rejoignent une ferme voisine de 300 mètres (nous avions aussi une réponse positive de leur part), même projet au détail près qu’ils mangent végétalien. Nos hôtes sont prévenus de notre régime alors nous ne nous inquiétons pas de ce côté. Après 4 heures de route chaotique nous arrivons à Happy Healing Home. Nos hôtes, Pinan Jim et Pinan Tee (le mot Pinan veut dire « excellente personne ou encore frère/sœur, on s’appelle tous « pinan quelque chose » à HHH), ne sont pas la, 3 volontaires françaises qui sont la depuis quelques jours nous présentent les lieux. Tout a été construit par des volontaires, qui ont fait preuve de bonne volonté sans s’y connaître forcément en maçonnerie et autres savoir utiles à construire des huttes mais ce côté rustique ne nous déplaît pas. Une fois les matelas posés sur le sol, on ne voit plus les trous dans le parquet! Ici la vie est simple, très simple, et le confort n’est pas un critère de réussite. Nous sentons que nous allons apprendre beaucoup. Les volontaires nous dressent cependant un portrait assez peu enchanté des lieux et de l’ambiance qui y règne. Elles n’ont pas vraiment établi de lien privilégié avec Pinan Jim qui s’est montré assez difficile envers elles, elles nous disent également qu’elles n’ont pas appris grand chose en travaillant car généralement, il leur montrait quoi faire et s’en allait sans se soucier de si elles le faisaient bien ou mal. Nous ne nous laissons pas abattre par leur ressenti, tant que nous n’essayons pas nous ne pouvons pas savoir. Nos hôtes arrivent enfin, à notre surprise ils se contentent de nous saluer et vaquent à leurs activités sans plus s’occuper de nous. Silene tente de discuter avec Pinan Jim qui ne se montre pas très loquace, c’est pas grave, nous avons le temps. Il nous propose cependant d’aller couper de l’herbe pour les buffles et nous nous y mettons de bon cœur. La ferme compte un grand nombre de poules et de coqs, deux buffles, deux cochons et deux chats. Nous dînons tous ensemble (très bon, cela le sera toujours) puis nos hôtes repartent. Alors que nous commençons un jeu de carte, Pinan Jim nous arrête et nous dit que nous n’avons pas le droit de jouer, il ajoute également qu’il nous laisse bavarder ce soir car les filles s’en vont le lendemain mais que c’est la dernière fois. Voilà donc ce qui le chiffonnait depuis le début sans doute, nous étions trop excités. (Bien que nous fassions un effort pour être calmes car il avait précisé dans son mail qu’il ne fallait pas trop parler chez lui). Nous partons donc nous coucher tôt, nous savons qu’il faudra nous lever avant le soleil le lendemain pour notre première séance de yoga.
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Les coqs nous réveillent bien assez tôt et nous nous rendons dans l’espace commun qui sert de cuisine et salle à manger ainsi que salle de repos, tout est aménagé sous un grand auvent mais ce n’est pas une vraie salle car il n’y a aucun mur. Nous sommes prêts vers 5:30 et attendons notre hôte, nous comprenons alors qu’il n’y a finalement pas urgence à faire le yoga avant le lever du soleil car Pinan Jim allume un feu et prépare du thé que nous buvons lentement avant de nous diriger vers une petite pagode dans la montagne pour commencer le yoga, peut être presque une heure après. (L’heure ne compte plus à Happy Healing Home). La séance est très difficile, notre maître est exceptionnellement souple et sévère, il octroiera à Silene un « don’t be lazy in your position » alors qu’elle n’arrive pas à se mettre en position du lotus… Notre souplesse a du chemin à faire, notre ego ça va, nous nous motivons et nous rassurons en nous disant que cet homme fait des étirement depuis 40 ans. Après cet effort, nous redescendons à la cuisine affamés et attendons le petit déjeuner. Nos trois repas de la journée sont constitués de la même manière, à savoir une base de riz blanc et noir gluant, plusieurs préparations différentes de légumes et des bananes. Presque tous les ingrédients viennent du jardin, le miracle de la permaculture ! Nos hôtes ont la délicatesse de ne jamais préparer de plats à base de produits animaux pendant notre séjour. À table, notre hôte nous pose une question : les hommes et les femmes ont ils la même force? Notre ami Adam répond que les hommes sont plus forts comme on peut le constater chez les animaux (on a du mal à accepter cette justification, vous avez des exemples?). Cette réponse plaît beaucoup à notre hôte. Silene répond qu’il y a des hommes forts et des femmes fortes comme il y en a des faibles dans chacun des cas, mais que ca n’a pas de rapport avec notre sexe, Quentin répond directement que hommes et femmes sont égaux. Face à nos réponses, il nous répond avec un sourire malicieux « comme les femmes sont fortes, nous allons tous partir couper du bois dans la forêt et nous verrons bien. » Silene est donc investie de la mission de prouver qu’une femme peut couper du bois sans se fatiguer… L’employer de la ferme, Pinan Tim, nous rejoint et nous voilà partis à travers la forêt dense et sauvage (c’est surtout les moustiques qui sont sauvages, une véritable nuée vole autours de nous). Un quart d’heure plus tard, nous coupons les branches, arrachons l’écorce des arbres morts et mettons le tout dans des gros sacs à pomme de terre. Il est temps de rentrer. Les sacs sont très, très lourds, et vraiment pas pratiques à porter, Pinan Tim tente d’aider en nous montrant comment porter le sac sur notre épaule (il en met un sur l’épaule de Silene ce qui la cloue littéralement au sol… La technique du portage version « gros bébé dans les bras » était plus adaptée). Double challenge car nous devons traverser la forêt et les cours d’eau pour rentrer à la ferme. Mission réussie avec brio, il y a assez de bois pour les prochains jours et personnes n’a failli! Nous sommes fiers, et méritons notre déjeuner. Nous parlons peu, suivant les principes boudhistes. Pinan Jim a vécu dans un temple une vingtaine d’années avant de s’installer dans la campagne, il estime être toujours moine bien qu’il ait quitté la tunique orange et laissé ses cheveux pousser. Il nous explique qu’il faut se concentrer sur ce qu’on mange et être reconnaissant à la terre et à la vie de ce que l’on reçoit. L’idée est intéressante et s’applique à tout ce que l’on fait dans la journée, quand on marche il faut se concentrer sur notre marche, quand on travaille sur notre travail et ainsi de suite. Donc en fait, on ne parle presque jamais. D’ailleurs il nous précise qu’ici, seul l’instant présent compte et que d’où l’on vient, où l’on ira, on s’en fiche. Ca explique son « manque d’intérêt » le jour de notre arrivée, pour lui l’important était de constater que nous étions là, point.
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Après le repas, plusieurs heures de repos pour méditer ou faire ce que l’on veut. Avec Pinan Tim, un jeune trentenaire plein de vie et toujours prêt à blaguer, nous préparons plusieurs plantes pour le thé… Qui sera cette fois rouge comme le vin! Magnifique. Le contraste entre Pinan Tim qui parle sans arrêt et le calme de Pinan Jim est saisissant, pour nous il est beaucoup plus facile de nous lier d’amitié avec le premier, qui est très demandeur et essaie d’améliorer son anglais à tout prix. Alors que nous repartons couper de l’heure pour les Buffalos, les questions commencent à émerger. Pour quoi sommes nous ici? Qui aidons nous? Cette ferme est en fait plus un lieu de retraite spirituelle qu’un projet de volontariat (d’ailleurs nous participons financièrement à notre séjour). Bien que ce ne soit pas ce que l’on soit venu chercher, on est conscient que Pinan Jim a énormément de choses à enseigner et à partager, les rares moments où il commence à parler. Ces moments arrivent le soir, après le dîner, si l’on patiente assez longtemps dans l’espace commun. Il raconte alors sa vie, ses expériences extraordinaires, comment il a passé 4 jours à méditer en position du lotus et que cela lui ait paru durer 2 heures, comment il a passé 2 ans à manger de l’herbe pour comprendre ce que c’était d’être un buffle (…) ou encore  comment il a vécu 2 ans seul et sans aucun équipement dans la montagne, entre les Cobras et les chasseurs… Il nous parle aussi de la pleine conscience, du pouvoir du yoga, de l’importance de ne pas être paresseux pour ne pas vieillir.

Le réveil a l’aube n’était pas un problème, le yoga moins difficile jour après jour, le jeûne les 2 premières heures de la journée était rude, l’eau froide avec laquelle on « prenait une douche » une épreuve pour Silene, le froid qui tombait la nuit était presque agréable, les repas toujours délicieux,  le travail fatiguant mais satisfaisant, l’enseignement de notre maître passionnant, nous passons parfois de bons moments dans la joie, Pinan Jim se dessine parfois un grand sourire aux lèvres et se met à chanter et danser, il est alors l’homme le plus heureux du monde… Mais alors pourquoi avons nous décidé de prendre la route quelques jours après notre arrivée?
La première raison c’est qu’on ne se sentait pas utiles, tout simplement. Nous pouvions aider mais n’avions aucune autonomie car nous n’avons aucune expérience dans le domaine, et aussi, cette exploitation n’avait pas pour but de vendre les produits au village ni rien, c’était simplement pour nourrir cette famille de 3 personnes. Bien que très instructif, ce n’est pas ce qu’on était venu chercher, et nous avions la mauvaise impression de ne pas être à notre place. Ensuite, la vie selon le maître bouddhiste peut nous en apprendre beaucoup sur nous même, mais il y avait des aspects dérangeants et le manque de communication était difficile à vivre, les cochons enfermés dans un petit enclos nous faisaient de la peine, Silène a aussi découvert qu’ils avaient une taupe enfermée dans une cage à peine plus grande qu’elle sans réussir à obtenir plus d’information que « on n’a pas le temps mais on va lui construire une vraie cage un jour et elle aura des bébés. » Pourquoi faire, mystère. Pinan Jim était également parfois rude, allant jusqu’à sous entendre que les vertiges de Silène (un simple rhume) étaient dû à son manque d’effort dans le yoga, nous avions une relation verticale plutôt qu’horizontale, et nous n’étions pas là pour nous faire gronder. Alors que cette vie était radicalement à l’opposée de la notre, nous avions l’impression de tout chambouler dans nos habitudes mais d’être quand même jugés « incapables » de nous adapter à leur quotidien. Toutes ces petites choses, nous n’avions plus envie de les encourager, c’est pourquoi que nous avons repris la route.
Nous avons cependant beaucoup appris, déjà tout ce qui importe dans notre société n’a aucune valeur chez eux, ce qui est passionnant. Des vêtements troués ? Aucune importance tant qu’ils font leur travail de vêtement. Des projets d’avenir ? Il faut vivre dans l’instant et ne pas envier ce qui est ailleurs. Plus techniquement, nous avons appris que tout dans le bananier se mange, tronc, fleurs, fruits. Nous avons appris à repérer les pousses de bambou, à les cuisiner, ce qui est délicieux. Nous avons vu des ananas pousser. Nous avons inscrit dans notre quotidien les exercices de yoga. On peut ressortir des bonnes choses de toute expérience et celle-ci fut aussi inattendue qu’enrichissante !
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We leave Chiang Mai with the idea in our mind that we’re going to live in permaculture farm for the rest of our trip. In the minibus taking us to the farm we meet Adam who is also going to the farm. He is from Canada and he had been teaching English in Chiang Mai before deciding to find another project because he was bored. There are also other volunteers but for another farming project located a few hundred meters from ours. After 4 hours of a chaotic ride, we arrive in Happy Healing Home. Our hosts, Pinan Jim and Pinan Tee are not here. The word Pinan means “excellent person” or “brother/sister”. We all get to be named “Pinan something” in HHH. 3 french volunteers who have been here for a few days show us around. Everything has been built by former volunteers who sometime had no skills in building but we like the aspect of the huts we’re going to sleep in. Once the mattresses are put down on the floor you can’t see the holes anymore anyway! Here life is simple, very simple and comfort is not a priority. We feel like we’re going to learn a lot here. However the volunteers are not so happy with the place and the atmosphere. They didn’t really connect with Pinan Jim who was apparently hard on them. They also told us that they didn’t learn so much because he didn’t explain them much. He was just showing them what to do without caring if they were doing it or not. We try not to pay attention about what they are saying because we don’t want to have pre-conceived idea before even starting the program. Our two hosts finally show up. They greet us and go back to their business, showing little interest to our presence, an attitude quite surprising for us. Silène try to chat with Pinan Jim who is not very loquacious… it’s okay we still have time to get to know each other. He asks if we want to come with him to cut grass for the buffalo and we accept, happy to lend a hand. At the farm there is a lot of chickens, two buffalos, two pigs and two cats. We dine together (the food was always delicious at Happy Healing Home) and then our host leave, so there are only volunteers left in the living space. As we gather up to play a card game, Pinan Jim comes back and tell us to stop as it is not allowed. He also said that it is the last time he lets us talk so much and he permits it this time just because the girl are leaving tomorrow… So that’s what was bothering him, we were too excited! (Even though we were trying to be calm because it was said in the presentation mail that he doesn’t like people babbling too much in his house). We decide to go to bed early. We know that we will have to wake up early tomorrow, even before sunrise for our first Yoga session.
The roosters make sure we wake up on time, and we are up and ready in the common living space, which is also the kitchen, where we take our meals and where we rest, around 5:30 am. We wait for Pinan Jim and we realize that there is no such need to wake up before the sun because when he show up, he first take the time to light a proper fire then boil water for the tea then we slowly drink our cups of tea. Only after that we go for a small walk up a hill in a small sanctuary to start the yoga. It’s very difficult. Our “teacher” is incredibly flexible and a bit severe: He said to Silène as she was struggling to place herself in the lotus position “Don’t be lazy in your positions”. We have a long way to go before being as flexible as him. We reassure ourselves by thinking that this guy has been training for 40 years. After the training we go back to the kitchen starving and we patiently wait for breakfast. There is 3 meals a day and they are all composed the same way: a base of white and black sticky rice, 3 to 4 vegetable dishes and bananas. Almost every ingredient come from the garden, that’s the miracle of permaculture. Our host were kind enough to never put any animal products in the food. While we were eating, Pinan Jim asked us: Do men and women have the same physical strength? Our friend Adam claim that the men are stronger as we can observe it the animal reign (We hardly accept this point, do you have any example ?) This answer seems to please our host. Silène answers that there strong men and strong women and that the sex of the person is not relevant. Quentin say that men and women are both equivalent. After this “debate” he said with a witty smile that we were going to cut some wood in the forest and we shall see if Silène does as good as the men. That’s when Pinan Tim, the farm employee it seems, joined us. Then we headed to the forest. It is very dense and wild ( the mosquitos are especially savage). Half an hour later, we are cutting wood and branches and we are putting it in big potato bags. It’s time to go back. The bags are heavy and really not convenient to carry. Pinan Tim try to help us by showing us how to handle the bag on the shoulder (he tries to put one on Silène shoulder, but she couldn’t move after that, the “carrying a big baby” technique seemed to work better for her). The challenge is double because we have to cross the forest and small water streams. The mission is a success, everyone did it and there is enough woods for the next few days. We’re proud and we now deserve a delicious lunch. We don’t talk much, following the Buddhist principles. Pinan Jim had lived in a temple for twenty years before moving to set his farm in the forest. He still considers himself as a monk even if he let is hair grow back and abandoned the orange clothes. He explains us that we must concentrate on what we’re eating and be grateful for what the earth and life give us. This is an interesting idea and he said that you could extend it to whatever you’re doing. When you walk, focus on you walking, when you work, focus on your work and so on. He also says that only the present moment really matters, where you come from and where you’re going next doesn’t count. This explains his “lack of interest” when we arrived at HHH, for him it was just important to notify that we were here now.
After lunch, we have a few hours to rest and meditate. We decide to help Pinan Tim to prepare some tea, we cut many different leaves and even wood which gives us a beautiful red tea. Pinan Tim is around 30, full of life, ready to joke any time. Contrast between this talkative friendly man and the calmness of Pinan Jim is striking and we soon become friend with the crazy one who badly wants to improve his English skills. We go and cut some more grass for the buffalos and questions are rising. Why are we here? Who are we helping? The farm is more a spiritual retreat than a volunteering project. (and we give some money to stay here) Yet it is not what we were looking for, we know Pinan Jim is wise and has a lot to share and teach –when he decides so. Late on the evening, as we finished dinner a while ago, he speaks. And he has a lot to say : his life as a monk, how we spent 4 days meditation and woken up thinking it has only been 2 hours, how he spent 2 years only eating grass to understand what it was like to be a buffalo or how he lived for 2 years all by himself with no tool in the mountain between cobras and hiding from hunters… He also talks about mindfulness, yoga power, how important it is not to be lazy to prevent oldness.

Waking up before sunrise was not a problem, yoga was less hard or even easier day after day, to not eat for the first hours of the day was challenging, icy “shower” hard for Silene, freshness at night felt a relieve, breakfast, lunch and dinner were delicious, the hard work offered us a feeling of satisfaction, what did the master teach was fascinating, we sometimes had crazy happy moments when Pinan Jim draw big smile on his face and danced and sung as if he was the happiest man on earth (and he surely was). So why did we left soon after arriving?
First, we didn’t feel useful. We could help but we were not autonomous because we had no experience and the tasks were never the same. Also, the farm had no intention to sell organic products to the village to rise awareness but they only grew food for their little family of 3. We were not looking for it and we didn’t felt at the right place. Second, seeing the poor pigs in a little space, discovering a mole in a tiny cage without getting more information than “we don’t have time to make a bigger cage yet but we will and then she’ll have babies!” (what for?), knowing the hens were living on borrowed, all of this was painful. And the fact that Pinan Jim was sometimes hard with us, he even told Silene her cold was due to her laziness in yoga… Our relationship was more vertical than horizontal, we were not here to be reprimanded as a child. This life was everything but what we were used to, it was amazing to discover all of it and we changed all our habits overnight to live there but we felt like Pinan Jim judged us incapables to adapt to their daily life. All these little things we didn’t want to encourage anymore, that’s why we hit the road again.
We surely learned a lot, first of all it was amazing to see how everything that matters in our society doesn’t give a shit in their life. Hole in clothes? So what? Some project for the future? No need, you only have to enjoy today. More technical points : we now know can eat everything in banana trees, from the flower to the fruit and the trunk, we can spot bamboo shoots and cook it, which is delicious, and know how pineapple grow and we are now yoga addicts! We can find good things in any experience and this one was as unexpected as rewarding!

Bienvenue en Thailande

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english below

Nous voilà donc en Thaïlande, après un passage de douane difficile. Nous avons décidé de ne pas traîner à Bangkok (on y reviendra à la fin du séjour) et visitons un magnifique temple près de la gare avant de sauter dans le train de nuit pour nous rendre à Chiang Mai. Alors que nous avons acheté nos billets pour le train de nuit, aucune couchette n’était encore disponible, nous avons donc pris des places assises en faisant une croix sur notre sommeil… Pessimisme mal placé placé car les sièges sont en fait inclinables et très confortables! Nous profitons une fois de plus de paysages magnifiques, d’un lever de soleil grandiose et arrivons à Chiang Mai. Le centre de la vieille ville, anciennement fortifié, offre tout ce qu’il faut à un visiteur qui ne connaît pas la ville : c’est un carré entouré de murs de briques pas encore tout à fait détruits, on y trouve quantité de restaurants, hôtels, salons de massages… Nous nous établissons dans une chambre attenante à un café et partons à la recherche d’un projet à joindre en échange d’hébergement. En une journée, nous rencontrons Ganji, un ami de Max, qui nous présente à une ferme urbaine écologique, malheureusement ils n’ont pas beaucoup de travail en ce moment. Nous rencontrons ensuite un français qui a également une petite ferme biologique et qui travaille sur l’ouverture d’une école Montessori dans la ville mais lui non plus n’a rien à nous proposer. Tous nous donnent des adresses et nous envoyons des mails de tous les côtés. Très vite nous recevons des réponses positives et nous partons rejoindre une ferme de permaculture à une soixantaine de kilomètres de là. Projet que nous pensions rejoindre pour 3 semaines mais que nous écourtons à 4 jours, cela fera l’objet d’un prochain article.P1050228
Notre destination suivante est Pai, encore plus au nord, dont nous avons entendu beaucoup de bien. Nous quittons la ferme dans l’intention de faire du stop car notre hôte nous a dit que c’était à 25 minutes. Nous pensons donc être partis pour une petite heure de route… Après une petite heure de demandes infructueuses et un peu de marche dans un tout petit village où les chiens n’ont pas l’air très contents de nous voir marcher près de chez eux, un premier chauffeur nous conduit au début d’une petite route, un panneau indiquant Pai Amphoe muang précise « 75 km », nous pensons qu’il s’agit d’autre chose que notre destination et commençons à marcher. Un quart d’heure plus tard, un paysan nous arrête «Vous venez de Happy Healing Home (la ferme) ? Vous allez à Pai ? Ah… C’est loin mais c’est par là ! ». Incroyable qu’il repère immédiatement d’où nous venons alors que nous sommes à une demie heure de la ferme que nous avons quittée dans la matinée ! Nous continuons à marcher, la route se transforme en chemin et les champs laissent place à une forêt… Il nous faudra bien une heure pour traverser la forêt et nous commençons à douter de notre destination quand nous croisons des travailleurs qui nous demandent immédiatement si nous allons à Pai. C’est donc bien par là ! Nous arrivons dans de minuscules villages, les gens nous indiquent la direction de Pai sans hésitation. Une seconde voiture nous avance sur une dizaine de kilometres, nous dessine un plan pour rejoindre la grande route qui va à Pai. Cette grande route est à 20 km de là où il nous dépose ! Nous recommençons à marcher tout en nous demandant ce qu’il nous est passé par la tête, cette route est déserte et nous n’avons pas à manger, très peu à boire. Une jeune femme (un ange) en moto s’arrête pour nous demander où nous allons. Elle fait de grands yeux quand nous lui répondons et parrait très embêtée. C’est alors qu’elle nous explique qu’elle va déposer sa mère chez elle puis faire demi tours et venir nous chercher. Un quart d’heure plus tard la revoilà donc, nous callons un sac dans le panier à l’avant de sa moto, en gardons un sur le dos et nous voilà partis cahin-caha sur les chemins de terre pleins de trous qui traversent la montagne… 20 km plus tard, nous voilà près d’une grande route, nous n’avons croisé personne et ne nous sommes pas fait doubler malgré notre vitesse limiter, cette sauveuse ne sait pas comme elle nous a été d’une aide précieuse… Elle refuse même que nous participions aux frais d’essence. Nous levons le pouce de nouveau et très vite un couple australien-thailandais s’arrête pour nous emmener. Au bout de 20 minutes de route, un panneau : 50 kilomètres jusqu’à Pai. Et dire que nous pensions l’atteindre à pieds !!! Nous sommes ébahis que, au milieu de minuscules villages, avant même que nous ouvrions la bouche, les gens nous indiquait la direction de la ville comme si celle-ci se trouvait à 10 minutes à pieds. Nous avons donc bien parcouru 75 km, pourquoi notre hôte nous avait dit 25 minutes, cela restera un mystère.DSCF9104
Pai est une toute petite ville avec un charmant marché de nuit, aux tarifs un peu plus bas qu’à Chiang Mai et nous décidons d’y rester quelques jours. Nous retrouvons par hasard un couple de jongleurs rencontré dans la ferme et les joignons pour un spectacle de feu. Nous rencontrons ensuite Jaan, masseur installé ici depuis plus de 20 ans, il nous emmène faire un tour de scooter dans les environs dans le but de se prélasser dans une source d’eau chaude mais celles ci sont fermées à cause des fortes pluies des derniers jours. Il faut cependant savoir que le trajet valait à lui seul le détour, les rizières d’un vert intense au fond d’une vallée entourée de montagnes nous offrent un paysage de carte postale. Notre ami décide ensuite que nous sommes capables de conduire un scooter et nous voilà à chevaucher notre nouveau destrier… Spoiler : nous ne sommes pas capables (au début). Pai est une ville montagneuse et des le premier virage serré dans une côte nous nous retrouvons dans le mur. Bon, nous nous en tirons avec quelques égratignures (merci les casques!) et nous voilà repartis pour ce passage de permis express. Au bout de quelques allers retours dans un chemins boueux plein de culs de poule, nous maîtrisons assez la bête pour voler de nos propres ailes! Une intoxication alimentaire vient malheureusement nous arrêter en plein vol… Pai est réputée pour le manque d’hygiène de ses restaurants, nous en faisons les frais et passons quelques nuits difficiles. Nous nous rendons quand même jusqu’au Pai Canyon, un petit canyon aux aiguilles abruptes qui surmonte la vallée, une petites balade acrobatique et sympa. DSCF9013DSCF8855En chemin, plusieurs point de vues agréables. La ville reste très touristique et l’ambiance fêtarde ne nous parle pas. Alors que nous commençons à réfléchir à un retours vers Chiang Mai, nous croisons notre ami Ganji qui vient d’arriver en vélo (3 jours à pédaler). Nous décidons donc de rentrer le jour même avec lui. Il nous reste deux semaines à Chiang Mai, on s’installe dans l’auberge la moins chère de la ville et ils font des gros yeux quand on dit qu’on veut rester aussi longtemps. D’ailleurs, tout le monde fait des grands yeux quand on dit ça, en général les voyageurs restent quelques jours seulement. Nous avons pourtant un bon programme devant nous! Nous visitons l’université des arts, montons jusqu’au temple Doi Suthep qui domine la ville, pédalons jusqu’au magnifique Grand Canyon dans lequel nous nous baignons et sautons depuis les falaises, arpentons les marchés de jour, de nuit, on fait du rafting en eaux vives(Silène est d’ailleurs tombé à l’eau), testons tous les restaurants végétariens de la ville, joignons un événement « Critical Mass » organisé par Ganji (nous sommes une trentaine à pédaler à travers la ville pour rappeler les droits des cyclistes), testons les différents massages (le massage thaï se révèle être une expérience douloureuse!), bataillons contre les moustiques, éditons des vidéos, des articles, faisons du yoga, visitons les nombreux temples de la ville, écrivons, visitons l’hôpital (pour un peu plus d’authenticité…) préparons notre futur déménagement… (Nous aurons à peu près 35 heures devant nous à notre retour pour faire les cartons et prendre la route pour Chambéry!) La vie quoi! Entre visites et quotidien répétitif, le rythme se calme petit à petit, on finit ces deux mois de voyage dans le calme.DSCF9091P1050374DSCF9277-2

Here we are in Thailand after a troublesome custom procedure. We decide not to stay in Bangkok for too long (we’ll be back there at the end of our trip anyway) and we visit a magnificent temple near the train station before getting aboard the train that will take us to Chiang Mai. We bought tickets for the night train but unfortunately for us there was no more bed available so we get to be seated for 12 hours… nice… sleeping seems quite compromised now. Actually we were a bit too pessimist because the seats are hyper large and comfy with a lot of room for the legs and the possibility to lean down beyond imagination! We enjoy once more beautiful landscapes and a marvellous sunrise before arriving to Chiang Mai. The old town offers everything to a new coming visitor: It has a square shape with a brick wall (more like ruins of it) around it. There are plenty of restaurants, hotel, guesthouse, and massage places. We settle down in a small room adjoining a café and we start to prospect for a volunteer project we could join in exchange of an accommodation. In just one day we meet Ganji, a friend of Max, who introduce us to a urban organic farm which unfortunately for us doesn’t need any volunteer for now; a Frenchman who also have a small organic farm and is working on a Montessori School project but he’s not looking for volunteers right now… They all give us address and contacts and we start to send e-mails. Soon we receive positive answer and we join a permaculture farm 60 km away from Chiang Mai. We planned to stay there 3 weeks but we stay 4 days instead… (We’ll talk about it in a future post).

Our next destination is Pai, further north. We’ve heard a lot of good things about this town. We leave the farm and try to hitchhike, our host told us it was only twenty five minutes away so it seems like no big deal… like it would maybe take us one hour to get there right? Well after one hour of unsuccessful hitchhiking and a small walk across a tiny village where the barking dogs did not look so happy to see us, a first driver accept to take us a little bit further on the road and indicates us where we need to go next. A small sign is saying “Pai Amphoe Muang —- 75km” we convince ourselves that it is something else than just “Pai” and we go on. Fifteen minutes later, a farmer working his field asks us “ You’re coming from Happy Healing Home?” (The farm we’ve been volunteering at)”You’re going to Pai? Ah… It’s far but you’re on the right way!” It seems incredible that this guy knew immediately where we where coming from. We keep walking, the road transforms in a small path across the forest. And we start to doubt… But as we’re finally leaving the forest (one hour later) we meet a small group of workers and one of them immediately asks us we’re going to Pai and tells us to continue on this road. So, it seems, we’re on the right way and it can’t be that far! As we walk toward our destination, we cross a bunch of tiny village and every time, peoples point us the direction of Pai without an ounce of hesitation. A second car takes us for like 10 km. Before dropping us, the driver draws a plan on how to get to the highway going to Pai… 20 km away from where we are right now! We start walking, wondering what came to our mind to undertake such a massive expedition. There is just us on the road, we don’t have anything to eat and just a small amount of water. A young woman (an angel to our eyes) on a motorbike stops to ask where we are going. She looks amaze when we tell her where we are going and seems quite worry for us…That’s when she started to explain us that she was going to drop her mother at her home, come back pick us both (with our two bag packs) on her small motorbike and take us to the highway… We couldn’t believe it! Fifteen minutes later she’s back. We put one bag in the small basket at the front of the motorbike, we keep one on Quentin’s back and we venture on the crackled road through the mountains. 20 km later we’re on the side of the highway, on the way we haven’t met anyone… this woman has no idea how much she saved us! She even refused that we pay for the gas she used for us. We start to hitchhike again and 2 minutes later an Australian-Thai couple picks us up. After 20 min we see a sign saying “Pai—-50 km”. And we thought that we could walk! We are amaze that even in the middle of a remote village, even before we open our mouth, people where showing us the direction of Pai as if it was 10 minutes away. It was indeed 75 km to Pai…

Pai is a small city with a pleasant night market where the prices are lower than in Chiang Mai. We decide to stay for a few days. We meet a couple of jugglers that we were with at happy healing home and that left before us. We go together to the Pai Circus School to enjoy a Fire Show. Then we meet Jaan a massage therapist, he’s been living here for 20 years. He takes for a ride on his scooter. We’re heading for the nearby hot springs… but these are closed because of the recent rain. The ride was worth it though; we had an amazing view on the lush green rice fields and the mountains. Our new friend tells us we should rent a scooter to have more freedom to move around. We decide to give it a try. At the beginning we’re quite clumsy and while and after a difficult turn uphill we smash the wall…Fortunately we were not going that fast and were wearing helmet so we just got small bruises. After a while we tame the beast and we start to fly with our own wings. Unfortunately for us food poisoning came into play and decided to cut those wings. Stuck in bed for a day and a half. Pai is well known for the doubtful hygiene of its restaurants. When we feel better, we ride our scooter to Pai Canyon, a small canyon with abrupt cliffs with a good view on the valley. It’s quite an acrobatic walk on the edge of the canyon and we like it. The town is really touristy with a party atmosphere and we don’t really get into it. As we are thinking about going back to Chiang Mai, we meet Ganji who just arrived here, he rode his bike from Chiang Mai and it took him three days to get here. He is about to take the bus back to CM and we decide to go with him. We have two weeks left in Thailand. We go to the cheapest hostel in town and they seem surprised when we say we want to stay for so long. As a matter of fact everyone look quite surprised when we tell them we stay for so long, most people just stay a few days. However we have a lot to do here! We visit the university of Fine Arts, we go to Doi Suthep temple overlooking the city, we cycle to the beautiful Grand Canyon (Thai version) where we swim and jump from the cliffs, we go to all the different days and night markets, we joined a session of White Water Rafting (Where Silène fell in the river), we try every vegetarian restaurants in town, we join the event “Critical Mass” organised by Ganji (30 people on their bikes cycling through the city), we try different massage (Thai massage was actually quite painful), we fight against mosquitos, we edit videos and blog posts, we do Yoga, we visit the numerous temples in the city, go to the Hospital ( you know, to experience every aspect of Thai life… JK Silène was sick)…Basically we just try to enjoy the life here… We end this two-month trip by slowing down before going back home.